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Lundi 30 janvier 2012 s'est tenu le Colloque organisé par l'ADEN et l'EESTEL, "Nouveaux Moyens de paiement, le Temps des ruptures", au Centre de Conférences Pierre Mendès à Bercy.

 


Cette journée a été un véritable succès avec + de 500 participants. ----> Découvrir les photos : cliquez ici

 

 

Vous pouvez accéder au compte rendu de la matinée "Quel avenir pour l’industrie des paiements ?" en cliquant ici


et au compte rendu des tables rondes et keynotes de l'après midi "Nouveaux moyens de paiement : quelles conséquences pour les clients ?" en cliquant ici

 


Retrouvez les différentes présentations ci-dessous :

 

"Tour du Monde des nouveaux moyens de paiement en quelques images" - Pierre Métivier,Conseil en Innovation et Marketing Produit

 

"Le paiement mobile : une vie plus zen ou des dangers accrus" - Eric Nizard,Président d'Eestel

 

Présentation de Jean Lassignardie, Capgemini Global  Financial Services


Echange de documents liés aux flux financiers - Jean-Louis Glorian, CIC

 

 

 

 

 

 

Une journée réunissant 4 "keynote speaker", 4 tables rondes, 25 intervenants...  animée  par Régis Bouyala, dont vous trouverez  la synthèse ci-dessous :

 

Intervention de synthèse du colloque ADEN « Moyens de Paiement : le temps des ruptures »

 

 

Pour conclure cette journée, je voudrais vous souhaiter la bienvenue dans le Nouveau Monde des paiements


Voilà presque 25 ans que je suis tombé dans la marmite des moyens de paiement. C’était à la Banque de France, dans un univers soigneusement quadrillé par la puissance publique – la plupart des grandes banques, nationalisées en 1945, venaient à peine d’être privatisées.

Les moyens de paiement étaient dominées par le chèque (plus de 75% des paiements scripturaux), la carte était encore un moyen de paiement haut de gamme, utilisé par quelques happy few.

Les modèles économiques étaient simples à défaut d’être sains : la domination du chèque conduisant à un univers de gratuité, qui n’était soutenable que grâce à des subventions croisées (non rémunération des DAV, taux du crédit aux particuliers). L’innovation était cantonnée aux projets de dématérialisation, qui ont d’ailleurs, reconnaissons-le, été un des grands succès de l’industrie française du paiement, qui fut à la fin des années 90 considérée comme l’une des plus efficientes du monde.

 


Que de chemin parcouru depuis ces temps héroïques ! La conférence d’aujourd’hui en témoigne.

Elle démontre que nous sommes vraiment entrés dans un Nouveau Monde.

Nouveau Monde dont le mobile, internet et l’Europe des paiements sont, comme la Santa Maria, la Pinta et la Nina,  les 3 caravelles qui permettent de l’aborder.  

 



Qu’avons-nous vu aujourd’hui de ce nouveau monde ?

 


D’abord sans doute qu’il ne pouvait exister que parce que l’ancien monde était encore là. 


 

Premièrement, les moyens de paiement de base restent encore la carte, le virement, le prélèvement, et le seront sans doute encore longtemps. On a pu l’entendre dans nos tables rondes, mais aussi chez nos keynote speakers, ce qui a changé ce sont surtout les usages de ces moyens de paiement : très largement parce que le canal d’utilisation change lui-même.

Au fond les moyens de paiement ne font, comme toujours, qu’accompagner l’évolution des transactions dont ils sont à la fois le carburant et l’huile.

Car quel que soit le canal utilisé, un moyen de paiement aura toujours la même fonction, éternelle : permettre l’échange de biens et de services, permettre à un acheteur et à un vendeur de solder leur échange.

 


L’ancien monde est toujours présent aussi dans les infrastructures et les standards  qui permettent aux moyens de paiement de fonctionner et de s’échanger. Et ce n’est pas rien !

Elaborés et construites au fil du temps par la profession bancaire, ce sont les soubassements qui permettent un fonctionnement harmonieux.

Nous avons entendu ce matin d’ailleurs que les conditions de l’accès à ces systèmes et d’utilisation de ces standards étaient un enjeu important de l’écosystème des paiements.

 


Mais l’émergence d’un Nouveau Monde des paiements est cependant indéniable. Tout ce que nous avons entendu aujourd’hui en témoigne : diversité des acteurs, innovation dans les usages, utilisation de technologies très performantes.

 


Il me semble que les débats et les interventions qui ont animé cette journée permettent de planter le décor de ce Nouveau Monde en cours d’avènement.

Je vais m’y essayer, en toute modestie cependant, c'est-à-dire en étant bien conscient de m’exposer au risque de tout prévisionniste : être presque à coup sûr démenti par la réalité ! D’autant plus que nous n’en sommes sans doute qu’au tout début de l’histoire.

 


Commençons, à tout seigneur tout honneur, par  l’offreur de services unique du monde ancien et, très certainement, un des acteurs majeurs de ce Nouveau Monde : les banques.

Elles sont à la croisée des chemins. Côté négatif : leurs business models traditionnels sont attaqués au moment même où leur image dans l’opinion s’est dégradée, leurs organisations ne sont pas toujours aussi réactives qu’elles le devraient.

Mais elles gardent beaucoup d’atouts. Elles restent des acteurs de confiance, elles maîtrisent les infrastructures de paiement, elles ont l’expertise des circuits et des risques.

Et, surtout, ce sont elles qui ont les fonds de commerce les plus riches de clients utilisateurs de moyens de paiement. Ce qui est un actif considérable.

L’effort d’adaptation que leur demande l’irruption du Nouveau monde est très important, au plan financier bien sûr, mais également au plan de l’organisation et surtout, peut être, de la culture au sens le plus large du terme.

Leur principal risque est de se retrouver dans le rôle des Indiens de ce Nouveau Monde : décimés faute de savoir mettre en valeur leurs richesses (connaissance clients, acteurs spontanés de confiance) et d’avoir su comprendre que leur monde devait profiter de la conquête pour se renouveler.

En sens inverse, l’opportunité est pour les banques de savoir prendre la vague pour reconquérir leurs clients en leur faisant de nouvelles propositions de valeur. En s’adaptant aux nouvelles conditions du marché, les banques peuvent faire partie des conquistadors de ce Nouveau Monde.

 


Mais elles ne sont évidemment pas les seules à revendiquer ce rôle !

Car dans cette figure du conquistador, nous reconnaissons également les nouveaux acteurs, dont nous avons vu certains aujourd’hui présenter leur stratégie : des pure players du paiement dont Paypal est un des meilleurs exemples- qui nous a présenté ce matin ses projets de conquête du monde réel en utilisant les recettes qui ont fait son succès dans le monde virtuel.

Mais aussi d’autres très grands acteurs venant du monde de l’internet ou du logiciel. Il en a beaucoup été question aujourd’hui, même s’ils n’étaient pas présents autour des tables, avec leurs business models inédits. 

Google bien sûr (Google Wallet, ), Apple (iTunes est en train de développer  un vrai système de paiement) ou encore Facebook ( le fantastique développement des Facebook credits témoigne de ce que les réseaux sociaux sont à la pointe de l’innovation dans le domaine du paiement, puisqu’il faut bien trouver des instruments permettant de monétiser des communautés dans des contextes nouveaux, fondés sur la recommandation, la comparaison, les affinités, l’instantanéité).

Juchés sur leurs fonds de commerce gigantesques, ces conquistadors des temps modernes partent à l’assaut avec des armes jusque-là inconnues.

Utilisation des données recueillies à l’occasion du paiement pour accroître la connaissance client et en faire commerce.

Alliance avec des acteurs de toute sorte et de toutes tailles pour mieux intégrer la chaîne de valeur.

Banalisation du paiement comme service.

Leurs forces principales : réactivité, capacité à se mouvoir, utilisation du paiement comme support de leur core business, base de clientèle très grandes, voire immenses (Facebook).

Leur principale faiblesse : nouveauté dans un métier risqué (incidents en chaîne, fraude, blanchîment) qu’il faut du temps pour apprendre à maîtriser, pouvant conduire à décevoir les clients, écorner fortement son image, avoir à supporter des pertes massives.

 


Mais les nouveaux acteurs ne sont pas tous très grands, il y en a même de tous petits et vous avez pu en voir plusieurs se succéder dans les tables rondes d’aujourd’hui.  Comme les missionnaires du 16° siècle, ils veulent évangéliser le marché, induire de nouveaux comportements, et sans doute contribuent-ils réellement à faire évoluer les mentalités, chez les clients comme chez les autres offreurs, bancaires et non bancaires.

Ce sont souvent eux qui sont aux avant postes de nouveaux usages,  sans doute plus à l’écoute que plus grand qu’eux du monde qui les entoure : cartes affinitaires, utilisation de MDP alternatifs sur Internet, dématérialisation de l’autorisation de prélèvement, paiement en espèces sur le Net. Autant d’exemples qui nous ont été présentés et qui témoignent de l’ingéniosité de ces évangélisateurs.

Je pense très sincèrement qu’ils seront le pivot d’alliances entre acteurs de l’ancien et du nouveau monde. Ce sont des passeurs en puissance.

 


Et tout cela mis en œuvre, toute cette conquête, pour satisfaire le personnage central qui a occupé une bonne partie de notre journée : c’est du client bien sûr que je veux parler. Nous avons vu que c’était en son nom que l’on prenait possession du Nouveau Monde des paiements.

C’est en effet pour ce roi exigeant et terriblement versatile que sont créés de nouveaux produits dont nous avons pu avoir un aperçu aujourd‘hui :

Enrichissement de l’usage des moyens de paiement les plus répandus, comme le wallet à partir de la carte bancaire permettant de payer sur Internet sans faire circuler son  numéro de carte ou le virement de proximité qui aura le même usage.

Mais aussi création de nouveaux services, prolongeant l’acte de paiement, géolocalisation, livraison sécurisée, meilleur ciblage des offres, …

Pourtant, nous avons entendu au cours des deux dernières tables rondes que la question pouvait se poser de mettre un frein au pouvoir de ce client-roi.

Pour des raisons de rationalité économique bien sûr, car bien souvent ce client, qui veut tout, rechigne à payer.

Mais aussi car ce roi est fragile, soumis aux influences des uns et des autres qui lui font espérer la conquête de la lune, sans toujours lui dire que le chemin est semé d’embûches !

 Faut-il pour autant traiter ce client comme ces enfants rois capricieux qu’on ne contrarie pas tout en essayant de limiter les effets négatifs de leur hubris ?

Ce sont là de vraies interrogations auxquelles il n’y a pas de réponse évidente ni unique.

 


Dernier rôle à tenir dans ce décor renouvelé : celui du régulateur. Le paiement, parce qu’il sert de soubassement à la circulation de la monnaie et parce qu’il peut engendrer des risques collectifs majeurs, est une activité fortement régulée, en Europe, par deux acteurs principaux, les banques centrales (SEBC et BCE)  et la Commission Européenne.

Nous avons entendu tout au long de la journée que l’exercice de cette fonction, que personne évidemment ne conteste, suscite pourtant passions et controverses. En effet, dans des périodes charnières comme celles qu’est en train de vivre l’industrie des paiements, le régulateur a un rôle crucial à jouer.

 


Pour faire respecter le level playing field.

Pour garantir la sécurité.

Tout ceci en n’empêchant pas l’innovation de se développer.

 


Si on reprend en creux la métaphore colombienne, souhaitons que le régulateur ne soit pas perçu par les régulés comme pouvaient l’être les calamités (maladies inconnues et les tempêtes) qui escortent souvent les découvertes de Nouveaux Mondes. Elles sont là pour rappeler à l'homme qu'il n'est pas tout puissant, réguler la croissance des populations, avec un plan d'ensemble inaccessible aux mortels.

 


Et je ne voudrais pas, Mesdames et Messieurs,  terminer mon propos sans formuler un vœu : que la France et l’Europe sachent être parmi les premiers à tirer parti de l’irruption du Nouveau Monde des paiements.

Car l’on sait bien  que, dans l’Histoire,  le monde anglo-saxon a toujours été le meilleur  spécialiste de la colonisation intelligente de nouvelles terres.

Ce monde anglo-saxon qui se trouve aujourd’hui aux avant-postes de la conquête, prêt à se tailler la part du lion des richesses encore insoupçonnées  auquel, n’en doutons pas, ce Nouveau Monde va nous donner accès.

 

 


{META_TITLE_CACHE}Colloque du 30 janvier 2012 : Compte-rendu - Les Actualités{/META_TITLE_CACHE}{META_DESCRIPTION_CACHE}Lundi 30 janvier 2012 s'est tenu le Colloque organisé par l'ADEN et l'EESTEL, ''Nouveaux Moyens de paiement, le Temps des ruptures'', au Centre de Conférences Pierre Mendès à Bercy.   Cette journée a été un véritable succès avec + de 500 participants. ----> Découvrir les photos : cliquez ici     Vous pouvez accéder au compte rendu de la matinée ''Quel avenir pour l’industrie des paiements ?'' en cliquant ici et au compte rendu des tables rondes et keynotes de l'après midi ''Nouveaux moyens de paiement : quelles conséquences pour les clients ?'' en cliquant ici   Retrouvez les différentes présentations ci-dessous :   ''Tour du Monde des nouveaux moyens de paiement en quelques images'' - Pierre Métivier,Conseil en Innovation et Marketing Produit   ''Le paiement mobile : une vie plus zen ou des dangers accrus'' - Eric Nizard,Président d'Eestel   Présentation de Jean Lassignardie, Capgemini Global  Financial Services Echange de documents liés aux flux financiers - Jean-Louis Glorian, CIC             Une journée réunissant 4 ''keynote speaker'', 4 tables rondes, 25 intervenants...  animée  par Régis Bouyala, dont vous trouverez  la synthèse ci-dessous :   Intervention de synthèse du colloque ADEN « Moyens de Paiement : le temps des ruptures »     Pour conclure cette journée, je voudrais vous souhaiter la bienvenue dans le Nouveau Monde des paiements Voilà presque 25 ans que je suis tombé dans la marmite des moyens de paiement. C’était à la Banque de France, dans un univers soigneusement quadrillé par la puissance publique – la plupart des grandes banques, nationalisées en 1945, venaient à peine d’être privatisées. Les moyens de paiement étaient dominées par le chèque (plus de 75% des paiements scripturaux), la carte était encore un moyen de paiement haut de gamme, utilisé par quelques happy few. Les modèles économiques étaient simples à défaut d’être sains : la domination du chèque conduisant à un univers de gratuité, qui n’était soutenable que grâce à des subventions croisées (non rémunération des DAV, taux du crédit aux particuliers). L’innovation était cantonnée aux projets de dématérialisation, qui ont d’ailleurs, reconnaissons-le, été un des grands succès de l’industrie française du paiement, qui fut à la fin des années 90 considérée comme l’une des plus efficientes du monde.   Que de chemin parcouru depuis ces temps héroïques ! La conférence d’aujourd’hui en témoigne. Elle démontre que nous sommes vraiment entrés dans un Nouveau Monde. Nouveau Monde dont le mobile, internet et l’Europe des paiements sont, comme la Santa Maria, la Pinta et la Nina,  les 3 caravelles qui permettent de l’aborder.     Qu’avons-nous vu aujourd’hui de ce nouveau monde ?   D’abord sans doute qu’il ne pouvait exister que parce que l’ancien monde était encore là.    Premièrement, les moyens de paiement de base restent encore la carte, le virement, le prélèvement, et le seront sans doute encore longtemps. On a pu l’entendre dans nos tables rondes, mais aussi chez nos keynote speakers, ce qui a changé ce sont surtout les usages de ces moyens de paiement : très largement parce que le canal d’utilisation change lui-même. Au fond les moyens de paiement ne font, comme toujours, qu’accompagner l’évolution des transactions dont ils sont à la fois le carburant et l’huile. Car quel que soit le canal utilisé, un moyen de paiement aura toujours la même fonction, éternelle : permettre l’échange de biens et de services, permettre à un acheteur et à un vendeur de solder leur échange.   L’ancien monde est toujours présent aussi dans les infrastructures et les standards  qui permettent aux moyens de paiement de fonctionner et de s’échanger. Et ce n’est pas rien ! Elaborés et construites au fil du temps par la profession bancaire, ce sont les soubassements qui permettent un fonctionnement harmonieux. Nous avons entendu ce matin d’ailleurs que les conditions de l’accès à ces systèmes et d’utilisation de ces standards étaient un enjeu important de l’écosystème des paiements.   Mais l’émergence d’un Nouveau Monde des paiements est cependant indéniable. Tout ce que nous avons entendu aujourd’hui en témoigne : diversité des acteurs, innovation dans les usages, utilisation de technologies très performantes.   Il me semble que les débats et les interventions qui ont animé cette journée permettent de planter le décor de ce Nouveau Monde en cours d’avènement. Je vais m’y essayer, en toute modestie cependant, c'est-à-dire en étant bien conscient de m’exposer au risque de tout prévisionniste : être presque à coup sûr démenti par la réalité ! D’autant plus que nous n’en sommes sans doute qu’au tout début de l’histoire.   Commençons, à tout seigneur tout honneur, par  l’offreur de services unique du monde ancien et, très certainement, un des acteurs majeurs de ce Nouveau Monde : les banques. Elles sont à la croisée des chemins. Côté négatif : leurs business models traditionnels sont attaqués au moment même où leur image dans l’opinion s’est dégradée, leurs organisations ne sont pas toujours aussi réactives qu’elles le devraient. Mais elles gardent beaucoup d’atouts. Elles restent des acteurs de confiance, elles maîtrisent les infrastructures de paiement, elles ont l’expertise des circuits et des risques. Et, surtout, ce sont elles qui ont les fonds de commerce les plus riches de clients utilisateurs de moyens de paiement. Ce qui est un actif considérable. L’effort d’adaptation que leur demande l’irruption du Nouveau monde est très important, au plan financier bien sûr, mais également au plan de l’organisation et surtout, peut être, de la culture au sens le plus large du terme. Leur principal risque est de se retrouver dans le rôle des Indiens de ce Nouveau Monde : décimés faute de savoir mettre en valeur leurs richesses (connaissance clients, acteurs spontanés de confiance) et d’avoir su comprendre que leur monde devait profiter de la conquête pour se renouveler. En sens inverse, l’opportunité est pour les banques de savoir prendre la vague pour reconquérir leurs clients en leur faisant de nouvelles propositions de valeur. En s’adaptant aux nouvelles conditions du marché, les banques peuvent faire partie des conquistadors de ce Nouveau Monde.   Mais elles ne sont évidemment pas les seules à revendiquer ce rôle ! Car dans cette figure du conquistador, nous reconnaissons également les nouveaux acteurs, dont nous avons vu certains aujourd’hui présenter leur stratégie : des pure players du paiement dont Paypal est un des meilleurs exemples- qui nous a présenté ce matin ses projets de conquête du monde réel en utilisant les recettes qui ont fait son succès dans le monde virtuel. Mais aussi d’autres très grands acteurs venant du monde de l’internet ou du logiciel. Il en a beaucoup été question aujourd’hui, même s’ils n’étaient pas présents autour des tables, avec leurs business models inédits.  Google bien sûr (Google Wallet, ), Apple (iTunes est en train de développer  un vrai système de paiement) ou encore Facebook ( le fantastique développement des Facebook credits témoigne de ce que les réseaux sociaux sont à la pointe de l’innovation dans le domaine du paiement, puisqu’il faut bien trouver des instruments permettant de monétiser des communautés dans des contextes nouveaux, fondés sur la recommandation, la comparaison, les affinités, l’instantanéité). Juchés sur leurs fonds de commerce gigantesques, ces conquistadors des temps modernes partent à l’assaut avec des armes jusque-là inconnues. Utilisation des données recueillies à l’occasion du paiement pour accroître la connaissance client et en faire commerce. Alliance avec des acteurs de toute sorte et de toutes tailles pour mieux intégrer la chaîne de valeur. Banalisation du paiement comme service. Leurs forces principales : réactivité, capacité à se mouvoir, utilisation du paiement comme support de leur core business, base de clientèle très grandes, voire immenses (Facebook). Leur principale faiblesse : nouveauté dans un métier risqué (incidents en chaîne, fraude, blanchîment) qu’il faut du temps pour apprendre à maîtriser, pouvant conduire à décevoir les clients, écorner fortement son image, avoir à supporter des pertes massives.   Mais les nouveaux acteurs ne sont pas tous très grands, il y en a même de tous petits et vous avez pu en voir plusieurs se succéder dans les tables rondes d’aujourd’hui.  Comme les missionnaires du 16° siècle, ils veulent évangéliser le marché, induire de nouveaux comportements, et sans doute contribuent-ils réellement à faire évoluer les mentalités, chez les clients comme chez les autres offreurs, bancaires et non bancaires. Ce sont souvent eux qui sont aux avant postes de nouveaux usages,  sans doute plus à l’écoute que plus grand qu’eux du monde qui les entoure : cartes affinitaires, utilisation de MDP alternatifs sur Internet, dématérialisation de l’autorisation de prélèvement, paiement en espèces sur le Net. Autant d’exemples qui nous ont été présentés et qui témoignent de l’ingéniosité de ces évangélisateurs. Je pense très sincèrement qu’ils seront le pivot d’alliances entre acteurs de l’ancien et du nouveau monde. Ce sont des passeurs en puissance.   Et tout cela mis en œuvre, toute cette conquête, pour satisfaire le personnage central qui a occupé une bonne partie de notre journée : c’est du client bien sûr que je veux parler. Nous avons vu que c’était en son nom que l’on prenait possession du Nouveau Monde des paiements. C’est en effet pour ce roi exigeant et terriblement versatile que sont créés de nouveaux produits dont nous avons pu avoir un aperçu aujourd‘hui : Enrichissement de l’usage des moyens de paiement les plus répandus, comme le wallet à partir de la carte bancaire permettant de payer sur Internet sans faire circuler son  numéro de carte ou le virement de proximité qui aura le même usage. Mais aussi création de nouveaux services, prolongeant l’acte de paiement, géolocalisation, livraison sécurisée, meilleur ciblage des offres, … Pourtant, nous avons entendu au cours des deux dernières tables rondes que la question pouvait se poser de mettre un frein au pouvoir de ce client-roi. Pour des raisons de rationalité économique bien sûr, car bien souvent ce client, qui veut tout, rechigne à payer. Mais aussi car ce roi est fragile, soumis aux influences des uns et des autres qui lui font espérer la conquête de la lune, sans toujours lui dire que le chemin est semé d’embûches !  Faut-il pour autant traiter ce client comme ces enfants rois capricieux qu’on ne contrarie pas tout en essayant de limiter les effets négatifs de leur hubris ? Ce sont là de vraies interrogations auxquelles il n’y a pas de réponse évidente ni unique.   Dernier rôle à tenir dans ce décor renouvelé : celui du régulateur. Le paiement, parce qu’il sert de soubassement à la circulation de la monnaie et parce qu’il peut engendrer des risques collectifs majeurs, est une activité fortement régulée, en Europe, par deux acteurs principaux, les banques centrales (SEBC et BCE)  et la Commission Européenne. Nous avons entendu tout au long de la journée que l’exercice de cette fonction, que personne évidemment ne conteste, suscite pourtant passions et controverses. En effet, dans des périodes charnières comme celles qu’est en train de vivre l’industrie des paiements, le régulateur a un rôle crucial à jouer.   Pour faire respecter le level playing field. Pour garantir la sécurité. Tout ceci en n’empêchant pas l’innovation de se développer.   Si on reprend en creux la métaphore colombienne, souhaitons que le régulateur ne soit pas perçu par les régulés comme pouvaient l’être les calamités (maladies inconnues et les tempêtes) qui escortent souvent les découvertes de Nouveaux Mondes. Elles sont là pour rappeler à l'homme qu'il n'est pas tout puissant, réguler la croissance des populations, avec un plan d'ensemble inaccessible aux mortels.   Et je ne voudrais pas, Mesdames et Messieurs,  terminer mon propos sans formuler un vœu : que la France et l’Europe sachent être parmi les premiers à tirer parti de l’irruption du Nouveau Monde des paiements. Car l’on sait bien  que, dans l’Histoire,  le monde anglo-saxon a toujours été le meilleur  spécialiste de la colonisation intelligente de nouvelles terres. Ce monde anglo-saxon qui se trouve aujourd’hui aux avant-postes de la conquête, prêt à se tailler la part du lion des richesses encore insoupçonnées  auquel, n’en doutons pas, ce Nouveau Monde va nous donner accès.     {/META_DESCRIPTION_CACHE}{META_KEYWORD_CACHE}Les Actualités{/META_KEYWORD_CACHE}
 

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