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Propositions pour le déploiement de Clouds Communautaires Locaux en France
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Sommaire
EDITO 
⇒ Le “Cloud Computing”, un enjeu stratégique pour la France et ses Territoires
Plus qu’un concept à la mode ou qu’une nouvelle tendance « techno », le « Cloud Computing » constitue une véritable rupture technologique et industrielle dans la chaine de valeur du numérique. Après le mainframe dans les années 70, le client-serveur dans les années 80 et l’Internet dans les années 90, le « Cloud Computing » peut être considéré aujourd’hui comme la quatrième révolution du monde informatique.
Fondé sur l’externalisation et la mutualisation des infrastructures et des applications et sur l’accès à la demande et en libre service aux ressources matérielles et logicielles, le « Cloud Computing » représente en fait la forme la plus aboutie d’une informatique délivrée de toutes formes de contraintes et de complexité.
Ainsi, pour les utilisateurs, l'intérêt du « Cloud Computing » est évident. Au lieu d'acheter cher des serveurs et des logiciels, qui ne sont pas utilisés à 100 %, les entreprises, les administrations, les établissements publicsou les citoyens les louent et ne paient que pour l'usage qu'ils en font. Ils peuvent aussi, en quelques minutes, accéder à des capacités de stockage et de calcul supplémentaires, auxquelles ils n'auraient jamais pu prétendre si ils avaient dû se les payer seuls.
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“... Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine... ” François Fillon (Mars 2010)
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Mais comme toute révolution, l’avènement du « Cloud Computing » soulève également des enjeux stratégiques et économiques considérables pour les nations et leurs Territoires : • Stratégiques, car de la maîtrise des nouvelles infrastructures de « Cloud Computing » dépendra leur indépendance technologique et industrielle ; • Économiques, en raison du changement complet de modèle industriel : si jusqu'à présent, c'est la vente - de logiciels et de matériel - qui prévalait, désormais, c'est la vente de services qui s'impose remettant par la même en cause les positions concurrentielles dans toute la chaine de valeur du secteur de l’informatique. C’est donc bien la sauvegarde et/ou la création de dizaines de milliers d’emplois sur nos Territoires qui est en jeu. Comme le rappelait récemment le Premier ministre François Fillon, « Ce marché constitue un enjeu majeur pour la compétitivité de nos économies (…). Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine ». Un constat que nous partageons avec force à l’ADEN et qui rend donc légitime une intervention du grand emprunt national dans ce domaine, à condition toutefois de tracer une autre route fondée sur une vision stratégique au service du développement économique de nos territoires : les Clouds Communautaires Locaux. Olivier MIDIÈRE Président de l’ADEN Jean-Pierre BRULARD Président de la Commission Infrastructures de l’ADEN Vice-Président Europe du Sud de VMware
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RESUME 
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Parmi les secteurs prioritaires ciblés par le Grand Emprunt National, le développement de la société numérique apparaît en bonne place avec une enveloppe de 4,5 milliards d’euros dont plusieurs centaines de millions d’euros consacrés au développement du Cloud Computing.
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Le Cloud Computing (ou « informatique dans les nuages » en traduction littérale) est un nouveau modèle technologique et industriel permettant de délivrer de façon plus efficace les services informatiques aux utilisateurs en leur donnant accès à distance, souvent via un simple navigateur web, à des applications et à des capacités de traitement et de stockage mutualisés. Il existe quatre modèles de Cloud Computing : • Cloud Privé : ?L’infrastructure est exploitée par une seule organisation. Elle peut être gérée par l’organisation ou par un tiers. • Cloud Communautaire : ?L’infrastructure est partagée entre plusieurs organisations supportant une communauté précise et ayant des préoccupations communes. Elle peut être gérée par les organisations ou par un tiers. • Cloud Public : ?L’infrastructure est mise à la disposition du grand public ou d’un grand groupe d’entreprises et appartient à un fournisseur de services informatiques dans les nuages. • Cloud hybride : ?L’infrastructure est composée de deux ou plusieurs nuages (public, communautaire ou privé). Ces nuages demeurent des entités indépendantes. Ils sont toutefois liés par l’entremise de technologies standards ou propriétaires afin de permettre la portabilité des données et des applications entre les nuages. ⇒ Quel modèle de “Cloud Computing” pour la France ? Sous l’influence des grands fournisseurs Nord Américains et Britanniques (Google, Microsoft, Amazon…), les modèles industriels et commerciaux du Cloud sont en train de se déployer très rapidement autour des Clouds privés, publics & hybrides. Très clairement, ces trois modèles, qui procèdent d’une logique marchande classique, n’ont pas vocation à recevoir d’argent public. Comme le rappelait récemment le Premier ministre François Fillon, « les Nord-Américains dominent ce marché, qui constitue pourtant un enjeu absolument majeur pour la compétitivité de nos économies (…). Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine ».
| L’objectif de ces Propositions est donc de tracer une autre route fondée sur une vision stratégique au service du développement économique de nos territoires : les Clouds Communautaires locaux. |
⇒ Déployer des “Clouds Communautaires Locaux” au service des Territoires Cette vision s’inscrit dans la lignée du rapport DETIC remis au gouvernement en septembre 2009 et porte sur la nécessité de favoriser la création sur nos territoires, sous l’impulsion des pouvoirs publics locaux (conseils régionaux, conseils généraux, communautés d’agglomérations, mairies,…) et dans le cadre de Partenariats Publics Privés, de Cloud Communautaires Locaux s'appuyant sur des centrales numériques éco-responsables (Datacenters) et des plates formes de services et d'infrastrutures numériques mutualisés à destination des entreprises, des administrations, des établissements publics régionaux et des citoyens. L’objectif étant bien à terme d’interconnecter l’ensemble de ces Cloud Communautaires locaux entre eux au niveau national par l’entremise de technologies standards ou propriétaires de façon à tirer profit des avantages du « Cloud Computing » en termes de mutualisation des applications et des capacités de traitement et de calcul entre chaque Cloud Communautaire Local. ⇒ Permettre à la France de répondre aux six grands défis des vingt prochaines années Le déploiement de Clouds Communautaires Locaux permettrait ainsi à la France et à ses territoires de répondre aux six grands défis économiques, sociétaux et environnementaux des vingt prochaines années : • Défis de la souveraineté nationale ; • Défis de la sauvegarde et de la création d’emplois sur nos territoires ; • Défis du développement des marchés clés du futur ; • Défis du développement économique et de l’aménagement du territoire ; • Défis du développement durable ; • Défis du développement technologiquel et de l’innovation.
⇒ Un déploiement autour de trois axes Le déploiement opérationnel de Clouds Communautaires locaux sur les territoires sera nécessairement le fruit d’une mise en trajectoire globale sur trois axes : • La mise en œuvre volontariste, dans le cadre d’une approche à la fois évolutionnaire et incrémentale, d’un premier socle de base constitué par des centrales numériques locales (datacenters) éco-responsables à l’état de l’art technologique (virtualisation, sécurité, standardisation…) et énergétique (éco-conception, éco-exploitation et éco-transformation) de sorte à donner une existence concrète à un projet par essence mutualisé. • L’agrégation autour de ce premier socle de base de plates-formes mutualisées de services et d'infrastructures numériques à destination des administrations, des établissements publics, des entreprises et des citoyens pour favoriser le développement de l’économie numérique sur le territoire dans tous les types d’activité : e-commerce, e-éducation, e-santé, e-judiciaire, e-administration… • La capacité des pouvoirs publics à créer les conditions juridiques, réglementaires et financières nécessaires au montage et à l’ingénierie de ce type de projet. ⇒ Inscrire ce déploiement dans une politique globale en faveur du “Cloud Computing” Par ailleurs, une telle stratégie de déploiement territorial de Clouds Communautaires Locaux devra nécessairement s’inscrire dans une politique plus globale d’investissements en faveur du développement du « Cloud Computing » en France : • Mettre en place un observatoire de recherche stratégique sur les impacts du « Cloud Computing » et lancer des travaux de recherche sur les innovations autour du « Cloud Computing » pour favoriser leur développement en France. • Soutenir l’industrie française dans le développement des logiciels massivement multi-cœurs et adaptés à la nouvelle dynamique de puissance des nouvelles technologies. • Renforcer l’enseignement des technologies de génie logiciel pour les adapter aux nouvelles technologies d’infrastructure à contrainte de ressources et à intelligence énergétique. • Mettre en place des filières techniques d’urbanisation de datacenters et soutenir les innovations autour des datacenters, notamment dans les domaines des solutions d'automatismes intégrés. • Soutenir les innovations autour des datacenters, notamment dans les domaines des solutions d’automatismes intégrés. • Encourager la prise en compte des aspects recyclages des bâtiments et des infrastructures au terme de leurs vies. • Renforcer l’influence Française dans les instances internationales de normalisation et faire évoluer la réglementation Française.
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1. Quel modèle de « Cloud Computing » pour la France ? 
Le Président de la république a présenté il y a quelques semaines les investissements prioritaires qui seront réalisés dans le cadre du Grand Emprunt National qui sera lancé dans le courant de l’année 2010. Parmi les secteurs prioritaires ciblés, le développement de la société numérique apparaît en bonne place avec une enveloppe de 4,5 milliards d’euros qui se répartira comme suit : • Accélérer le passage de la France au très haut débit : 2,0 Md€ • Numériser le patrimoine culturel français : 750 M€ • Développer les usages et contenus numériques innovants : 1,75 Md€, dont plusieurs centaines de millions d’euros consacrés au développement du Cloud Computing. L’urgence pour la France de trouver de nouveaux relais de croissance et d’investir dans des technologies de rupture, singulièrement dans le secteur numérique, rend en effet légitime une intervention de l’emprunt national dans ce domaine. En ce qui concerne le développement des usages et contenus numériques innovants, le gouvernement propose notamment de financer des projets partenariaux publics-privés de recherche et de démonstration visant la conception de logiciels, d’usages et de contenus numériques innovants dans tous les domaines, en premier lieu dans les réseaux intelligents (électriques et de transport), mais aussi dans le télétravail, la télémédecine, l’e-santé, l’e-administration, l’e-éducation, l’e-justice, la numérisation des contenus culturels… au besoin en s’appuyant sur le développement d’infrastructures partagées (cloud computing, super-calculateurs…). Un fonds dédié à cet objectif, distinct du fonds sur les infrastructures très haut débit, pourrait être créé au sein d’une nouvelle agence pour le numérique. Le Cloud Computing (ou « informatique dans les nuages » en traduction littérale) est un nouveau modèle technologique et industriel permettant de délivrer de façon plus efficace les services informatiques aux utilisateurs en leur donnant accès à distance, souvent via un simple navigateur web, à des applications et à des capacités de traitement et de stockage mutualisés. Avec ce nouveau modèle, les utilisateurs peuvent ainsi accéder à la demande à de nombreux services en ligne sans avoir à gérer l’infrastructure sous-jacente, souvent complexe. Les applications et les données ne se trouvent plus sur l’ordinateur local, mais dans un « nuage » (Cloud en anglais) composé d’un certain nombre de serveurs distants interconnectés au moyen d’une excellente bande passante, c’est-à-dire de réseaux très haut débit. Selon le NIST (National Institute of Standards and Technology), ce modèle comporte cinq caractéristiques essentielles : • Libre-service à la demande : L’usager peut réserver ou libérer unilatéralement les ressources en fonction de ses besoins sans nécessiter d’interaction humaine avec le fournisseur. • Vaste accès au réseau : Les ressources sont accessibles via un réseau, par l’entremise de mécanismes standards et à partir de plateformes clients diverses. • Mise en commun des ressources : Les ressources du fournisseur peuvent se trouver dans différents centres de données répartis à travers le monde. Elles sont mises en commun pour servir l’ensemble des usagers. Ceux-ci n’ont généralement pas connaissance de l’emplacement géographique exact des ressources qu’ils utilisent. • Élasticité rapide : Les ressources peuvent être réservées rapidement pour répondre aux besoins croissants de l’utilisateur et être libérées tout aussi rapidement lorsque ses besoins s’amoindrissent. • Utilisation mesurable et facturation à l’usage : L’utilisation des ressources peut être surveillée, contrôlée et rapportée. L’usager est facturé en fonction de l’utilisation des ressources. Le NIST identifie trois modèles de services informatiques dans les nuages : • Logiciel-service (Software as a Service - SaaS) : L’usager utilise les applications du fournisseur qui les héberge dans son nuage informatique. Les applications sont accessibles à partir de n’importe quel terminal client via un navigateur Web. L’utilisateur ne gère ou contrôle aucune des ressources informatiques nécessaires (réseau, serveurs, système d’exploitation, stockage) à l’exception de certains paramétrages spécifiques. • Plateforme-service (Platform as a Service - PaaS) : L’usager développe ses propres applications en utilisant les langages de programmation et les outils disponibles sur le nuage informatique de son fournisseur qui héberge les applications développées. L’utilisateur ne gère ou contrôle aucune des ressources informatiques nécessaires (réseau, serveurs, système d’exploitation, stockage) mais peut en revanche contrôler le déploiement des applications et les configurations d’hébergement. • Infrastructure-service (Infrastructure as a Service - IaaS) : L’usager gère et utilise des systèmes virtuels hébergés dans le nuage informatique du fournisseur. Il peut s’agir ici d’un simple serveur virtuel ou d’une infrastructure virtuelle complexe, incluant des serveurs, des segments réseau, des pare-feux, des systèmes d’exploitation, des applications, etc. L’utilisateur ne contrôle par l’infrastructure mise à sa disposition par le fournisseur mais peu en revanche gérer en partie les systèmes d’exploitation, le stockage, le déploiement d’applications et certains éléments du réseau. Enfin, toujours selon le NIST, une infrastructure informatique dans les nuages peut être déployée selon quatre modèles : • Nuage Privé (Private cloud) : L’infrastructure est exploitée par une seule organisation. Elle peut être gérée par l’organisation ou par un tiers. • Nuage Communautaire (Community cloud) : L’infrastructure est partagée entre plusieurs organisations supportant une communauté précise et ayant des préoccupations communes. Elle peut être gérée par les organisations ou par un parti tiers. • Nuage Public (Public cloud) : L’infrastructure est mise à la disposition du grand public ou d’un grand groupe d’entreprises et appartient à un fournisseur de services informatiques dans les nuages. • Nuage hybride (Hybrid cloud) : L’infrastructure est composée de deux ou plusieurs nuages (public, communautaire ou privé). Ces nuages demeurent des entités indépendantes. Ils sont toutefois liés par l’entremise de technologies standards ou propriétaires afin de permettre la portabilité des données et des applications entre les nuages. Sous l’influence des grands fournisseurs Nord Américains et Britanniques (Google, Microsoft, Amazon…), les modèles industriels et commerciaux du Cloud sont en train de se déployer très rapidement autour des Clouds privés, publics & hybrides articulés autour de quelques grandes « centrales numériques » (ou datacenters) et acteurs mondiaux. Très clairement, ces trois modèles, qui procèdent d’une logique marchande classique, n’ont pas vocation à recevoir d’argent public. Comme le rappelait récemment le Premier ministre François Fillon, « les Nord-Américains dominent ce marché, qui constitue pourtant un enjeu absolument majeur pour la compétitivité de nos économies (…). Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine ».
L’objectif de ces Propositions est donc de tracer une autre route fondée sur une vision stratégique au service du développement économique de nos territoires : « les Clouds Communautaires Locaux » |
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2. Notre vision : déployer des « Cloud Communautaires locaux » en France au service de l’attractivité et de la compétitivité des Territoires 
⇒ Qu’est-ce qu’un Cloud Communautaire Local ? Cette vision s’inscrit dans la lignée du rapport DETIC remis au gouvernement en septembre 2009 et porte sur la nécessité de favoriser le déploiement sur nos territoires, sous l’impulsion des pouvoirs publics (conseils régionaux, conseils généraux, communautés d’agglomérations, mairies,…) et dans le cadre de Partenariats Publics Privés, de Cloud Communautaires Locaux s’appuyant sur des centrales numériques éco-responsables (Datacenters) et des plates formes de services et d’infrastructures numériques mutualisés à destination des entreprises, des administrations, des établissements publics régionaux et des citoyens. L’objectif étant bien à terme d’interconnecter l’ensemble de ces Cloud Communautaires Locaux entre eux au niveau national par l’entremise de technologies standards ou propriétaires de façon à tirer profit des avantages du « Cloud Computing » en termes de mutualisation des applications et des capacités de traitement et de calcul entre chaque Cloud Communautaire Local. ⇒ Les enjeux en présence L’accroissement du recours à l’externalisation représente une tendance lourde du marché, aussi bien pour le monde professionnel que pour les particuliers. Dans ce contexte, le concept de Clouds Communautaires Locaux fait l’objet d’un intérêt accru de la part des acteurs, qu’ils soient privés ou publics, professionnels ou particuliers. En effet, les Clouds Communautaires Locaux permettraient de s’affranchir des contraintes d’une informatique internalisée (gestion des ressources ad’hoc, nécessité de veille permanente pour suivre l’état de l’art…) tout en offrant davantage de souplesse et de réactivité, et la réalisation d’économies grâce à la mutualisation des moyens. Les enjeux de ces Clouds Communautaires Locaux sont pour les collectivités locales, les administrations et les entreprises : • La mise en place d’effet de synergies entre acteur permettant d’atteindre une taille critique. • Le déploiement industriel de services de qualité, et à coût réduit grâce aux effets de mutualisation. • L’émergence de nouveaux modèles de coopération entre acteurs. • Le respect de l’organisation de chaque acteur (non-intrusivité). • Un effet de levier sur l’offre comme sur la demande. Différentes études menées au niveau national (DIACT, Caisse des Dépôts et Consignation, Associations des Régions de France…) ont mise en évidence que la compétitivité et l’attractivité des territoires sont désormais conditionnées par la capacité de ces territoires à favoriser l’émergence de plates-formes matérielles et logicielles mutualisées et sectorielles (administration, santé, éducation, justice, industrie, services…). D’ailleurs, plusieurs régions et agglomérations sont engagées, parallèlement au déploiement d’infrastructures Très Haut Débit, dans le financement de telles plates-formes avec l’objectif d’apporter un complément décisif sur le plan concurrentiel. On peut notamment citer l'initiative ITerritories qui regroupe aujourd'hui six Territoires français (Dunkerque, Lyon, Osartis, la Seine et Marne, l'Yonne et Caen) qui s'engagent à soutenir et accompagner les projets d'implantation de Centrales Numériques Eco-Responsables (data centers).
⇒ Les « Clouds Communautaires Locaux » : une stratégie alternative en matière de Cloud Computing pour la France
Interconnexion de l’ensemble des Clouds Communautaires Locaux entre eux au niveau national par l’entremise de technologies standards ou propriétaires de façon à tirer profit des avantages du « Cloud Computing » en termes de mutualisation des applications et des capacités de traitement et de calcul entre chaque Cloud Communautaire Local
| 2 | AGREGATION DE SERVICES A VALEUR AJOUTEE |
Plates-formes mutualisées de services et d’infrastructures numériques
| Infrastructures mutualisées | Services mutualisés |
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Principe :Mutualiser une infrastructure de services mixtes (IaaS et Paas) publique et privée à la demande à partir de laquelle peuvent s’agréger des offres externalisées à forte valeur ajoutée : hébergement, sauvegarde et stockage de données, sécurité, téléphonie, développement logiciel…
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Principe : Proposer à des tiers professionnels ou particuliers des services mutualisés à la demande (SaaS) permettant d’exercer une activité commerciale ou privée en ligne : jeux, musique, logiciels et progiciels métiers, messagerie, télétravail, archivage, secrétariat virtuel,…
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Cibles : • Les collectivités territoriales, les établissements publics et les administrations ; • Les grandes entreprises, les TPE, les PME, les associations, les artisans et commerçants ; • Les universités, les pôles de compétitivité, les centres et les laboratoires de recherche ; • Les Editeurs, les SSII, les ISP, les développeurs et les start-up technologiques ; • Le grand public
Centrales Numériques Locales éco-responsables (Datacenters) à l’état de l’art technologique (virtualisation, sécurité, standardisation…) et énergétique (éco-conception, éco-exploitation et éco-transformation)
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3. Notre ambition : permettre à la France et à ses Territoires de répondre aux grands défis des vingt prochaines années 
Déployer des Clouds Communautaires Locaux, c’est répondre aux grands défis économiques, sociétaux et environnementaux que la France et ses Territoires devront relever dans les vingt prochaines années. 1. Défis de la souveraineté nationale : • Assurer à la France, dans le cadre du développement du Cloud Computing par de grands acteurs américains et asiatiques, la capacité de maîtriser et de conserver sur son territoire national les savoir-faire et les compétences technologiques stratégiques ainsi que les données privées et industrielles sensibles qui transitent sur ses réseaux. 2. Défis de la sauvegarde et de la création d’emplois sur nos territoires : • Renforcer la sauvegarde et la création d’emplois directs et indirects sur nos territoires en permettant le développement d’une offre d’externalisation d’infrastructures IT de proximité évitant les délocalisations vers les marchés étrangers, en sollicitant les fournisseurs et ISP locaux pour la construction et la gestion des centrales numériques, en facilitant le télétravail et en favorisant l’émergence de nouvelles activités dans le commerce, le service et l’industrie locale grâce aux nouvelles infrastructures IT fournies aux acteurs publics et privés territoriaux. Il convient aussi de noter que le caractère capitalistique et la durée du retour du investissement font des centrales numériques un secteur défensif difficilement sujet aux mouvements de délocalisation. 3. Défis du développement des marchés clés du futur : • Favoriser l'émergence d'une économie dématérialisée territoriale performante, indépendante et sécurisée dans la santé, l'éducation, la justice, l'administration... grâce à la maîtrise, à la protection et à la conservation dans un environnement local des données privées et confidentielles qui transitent sur les réseaux. 4. Défis du développement économique et de l’aménagement du territoire : • Renforcement de la compétitivité des TPE, PME-PMI et ETI régionales évoluant dans les secteurs d’activité traditionnels et dans les secteurs à haute valeur ajoutée technologique par un meilleur accès et une meilleure utilisation des nouvelles technologies grâce à l'externalisation de leurs infrastructures IT (IaaS) et au déploiement de plates-formes collaboratives en mode SaaS. • Renforcement de l'attractivité des territoires grâce au développement du marché français des centrales numériques pour conserver et attirer les entreprises et les investisseurs français et internationaux qui souhaiteront s'implanter (filiales et sièges sociaux Europe) dans des pays et des régions dotées d'infrastructures IT de proximité éco-responsables, sécurisées et compétitives. • Faire face à la crise des finances publiques actuelles par l’adoption d'un modèle de "Datacenters as a service" ou centres de services partagés, générateur d'économies d'échelles, de rationalisation et de mutualisation pour l'Etat et les collectivités locales. • Levier de développement sur chaque territoire pour les entreprises de BTP, les bureaux d’études, les fabricants et installateurs d’équipements électriques, d’onduleurs, de climatisation, de racks, de câblages, de serveurs, de réseaux et télécoms, les fournisseurs d’énergie, les opérateurs de télécommunications, les sociétés de maintenance… 5. Défis du développement durable : • Haute performance énergétique des nouvelles centrales numériques assurant la mise en conformité des infrastructures IT territoriales avec la réglementation européenne grâce à une utilisation optimale des "green tech". Il faut en effet noter qu’entre 2000 et 2006, la consommation électrique des centrales numériques a doublé dans le monde. • Réduction de l'empreinte carbone des agents économiques par une accélération de la dématérialisation des échanges et des flux entre tous les acteurs (citoyens, entreprises, établissement publics…) sur les territoires dans un contexte éco-responsable. 6. Défis du développement technologique et de l’innovation : • Remédier à l'obsolescence du parc de datacenters français actuel (problèmes d’alimentation électrique et de climatisation sur 40% datacenters existants) et à son manque de capacité au regard de la demande exponentielle à venir compte tenu de l'explosion des usages et de la généralisation de l'économie numérique dans tous les aspects de notre vie individuelle et collective, personnelle et professionnelle (les surfaces de datacenters devraient doubler dans les 5 prochaines années). • Adapter et standardiser nos datacenters actuels aux nouvelles technologies qui s’imposent avec la généralisation du Cloud Computing et de la virtualisation. En effet, les datacenters actuels ne sont utilisés qu’à 56% de leur potentiel. Les solutions technologiques se trouvent bien dans la consolidation et la virtualisation pour les infrastructures déjà en service. • Favoriser et soutenir le développement dans chaque région d'un tissu dynamique de start-up innovantes dans le secteur des logiciels, du service, de l’électronique, de l’informatique, des réseaux et des télécoms autour de la mise en œuvre du Cloud Computing. • Favoriser le développement d'écosystèmes d'innovation territoriaux impliquant Universités, centres de recherche publics et privés et entreprises et renforcer la dynamique des pôles de compétitivité déjà initiée en mettant à leur disposition des infrastructures IT performantes. top
4. Comment déployer des Clouds Communautaires Locaux sur les Territoires ? 
Le déploiement opérationnel de Clouds Communautaires Locaux sur les territoires sera nécessairement le fruit d’une mise en trajectoire globale sur trois axes :
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1. La mise en œuvre volontariste d’un premier socle de base constitué par des centrales numériques locales (datacenters) éco-responsables à l’état de l’art technologique (virtualisation, sécurité, standardisation…) et énergétique (éco-conception, éco-exploitation et éco-transformation) de sorte à donner une existence concrète à un projet par essence mutualisé.
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• Les centrales numériques (datacenters) sont à l’économie numérique ce que sont les plateformes logistiques aux bien matériels, elles visent à organiser le stockage de données, l’hébergement d’applications, la gestion des flux… Dans cet esprit, les infrastructures télécom (réseaux très haut débit) sont le support de circulation des données comme le sont les infrastructures de dessertes (route, rail, air, mer) pour les bien traditionnels. • Une centrale numérique peut désigner une simple salle informatique de 100 M2 ou bien un bâtiment de plusieurs milliers de mètres carrés totalement dédiés au traitement de données. • Les centrales numériques sont fortement capitalistiques et donc attrayantes du point de vue des ressources locales, notamment concernant le potentiel de contributions en recettes fiscales à travers la taxe professionnelle. • Au-delà de la phase d’élaboration et de construction qui nécessite l’implication de nombreux professionnels, une centrale numérique permet d’associer localement, et dans la durée, les prestataires de services locaux (infogérance, distribution, maintenance, télécoms…). « Dans un contexte de rationalisation et de rigueur budgétaire, la mise en oeuvre des centrales numériques locales éco-responsables s’inscrit en priorité dans une démarche évolutionnaire et incrémentale vis-à-vis des investissements significatifs déjà réalisés par les secteurs publics et para-publics locaux ». ⇒ Une démarche évolutionnaire et incrémentable
Les acteurs publics et para-publics locaux n’ont en effet pas attendu l’avènement du Cloud Computing et la mise en place du grand emprunt pour réduire la fracture numérique de leurs territoires. Il est important de rappeler que plus de 40 % des investissements en TIC réalisés sur les territoires sont réalisés par les secteurs publics et para-publics : collectivités territoriales et leurs établissements publics, les administrations, les universités, les pôles de compétitivité… Ces investissements sur les Centrales Numériques Locales éco-responsables s’inscrivent dans une logique financière de complément des infrastructures existantes et d’ouverture vers les services extérieurs. Par conséquent, les deux piliers de cette démarche sont d’une part, une approche évolutionnaire sur les équipements existants et d’autre part, des investissements incrémentaux au regard de ceux déjà réalisés. Cette approche repose sur trois principes : • Définition de la surface, de la capacité calorifique, de la localisation et capillarité idéale de ces Centrales Numériques Locales éco-responsables au regard des ressources énergétiques et de la bande passante nécessaires à leur fonctionnement, mais également des besoins identifiés sur les Territoires. • Recensement sur les Territoires ciblés des infrastructures d’hébergement existantes, des capacités à la fois de stockage, de traitement et de calcul disponibles et de leur consommation énergétique afin d’évaluer les possibilités de standardisation ces infrastructures. • Réalisation d’investissements incrémentaux pour virtualiser, mutualiser et mettre aux normes énergétiques les infrastructures existantes lorsque cela est possible. Ce principe de rationalisation (restructuration de sites) se déroulera selon les professionnels sur un cycle relativement court (3 à 5 ans) puis le marché sera ensuite principalement porté par le renouvellement selon des cycles nettement plus longs proches de l’immobilier (12 à 15 ans). • Réalisation d’investissements complémentaires pour la construction de Centrales Numériques Locales éco-responsables lorsque cela est nécessaire. • Maillage et interconnexion de ces Centrales Numériques Locales au niveau national grâce à une approche fondée sur le « Cloud Computing » tout en garantissant l'étanchéité du système (problématique du stockage des données, de leur protection, de leur sécurité, de leur confidentialité et de leur pérennité dans un contexte de proximité).
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2. L’agrégation autour de ce premier socle de base de plates-formes mutualisées de services et d'infrastrutures numériques à destination des administrations, des établissements publics, des entreprises et des citoyens pour favoriser le développement de l’économie numérique sur le territoire dans tous les types d’activité : e-commerce, e-éducation, e-santé, e-judiciaire, e-administration…
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Cette agrégation nécessite la réalisation de Schémas Directeurs de Services Numériques définissant : • Les cibles visées par les plates-formes mutualisées de services et d'infrastructures numériques et la nature de l’offre proposée à chacune de ces cibles. • Les moyens humains et techniques à mettre en œuvre pour délivrer ces offres de services mutualisées. • Les modèles économiques permettant à ces plates-formes d’être financièrement viables, notamment au niveau de la commercialisation, de l‘accompagnement (formation, paramétrage, évolution…) et de la facturation des offres de service proposées aux différentes cibles. • Les dispositifs de sensibilisation et d’accompagnement à mettre en œuvre auprès de l’ensemble des acteurs régionaux (établissements publics, administration, collectivités locales, entreprises, revendeurs informatiques, SSII, développeurs, TPE-PME, grand public…).
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3. La définition et la mise en œuvre par les pouvoirs publics des facteurs clés de succès qui favoriseront le déploiement de Centrales Numériques Locales éco-reponsables et de Plates-formes mutualisées de services et d'infrastrutures numériques.
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La mise en œuvre d’une telle stratégie de déploiements de Clouds Communautaires Locaux reposera enfin sur la capacité des pouvoirs publics à créer les conditions juridiques, réglementaires et financières nécessaires au montage et à l’ingénierie de ce type de projet : • Nature du cadre réglementaire et normatif à adopter au niveau de la conception et de l’exploitation de Centrales Numériques Locales éco-responsables. • Type d’ingénierie juridique à adopter pour les collectivités locales et leurs partenaires privés autour des investissements et de l’exploitation des Centrales Numériques Locales et des plates-formes mutualisées de services et d'infrastrutures numériques : Partenariats Publics-Privés, Délégation de service publics, Sociétés d’Economie Mixte... et choix du montage économique et financier : simple, avec un investisseur/exploitant, plusieurs locataires ou plus complexe, avec un investisseur (privé ou public) – un exploitant franchisé – plusieurs colocataires (publics et privés). Si le premier montage est simple à mettre en œuvre dès lors qu’il y a un investisseur/exploitant, le second montage réclame une politique publique pour être généralisé. • Soutien (subventions, investissements en capital, avances remboursables…) apporté par l’Etat dans le cadre du Grand Emprunt National. top
5. Inscrire cette stratégie territoriale dans une politique d’investissement globale en faveur du développement du « Cloud Computing » en France

Une telle stratégie de déploiement territorial devra nécessairement s’inscrire dans une politique plus globale en faveur du développement du « Cloud Computing » en France articulée autour de sept axes principaux* : • Mettre en place un observatoire de recherche stratégique sur les impacts du « Cloud Computing » et lancer des travaux de recherche sur les innovations autour du « Cloud Computing » pour favoriser leur développement en France. Ces activités pourraient être prises en charge par les Pôles de compétitivité, fédérant l’action des industriels, des centres de recherche académiques et de l’INRIA. Certains projets de cette nature ont déjà été lancés, et cette action devra se renforcer au service d’une stratégie globale. • Soutenir l’industrie française dans le développement des logiciels massivement multi-cœurs et adaptés à la nouvelle dynamique de puissance des nouvelles technologies. • Renforcer l’enseignement des technologies de génie logiciel pour les adapter aux nouvelles technologies d’infrastructure à contrainte de ressources et à intelligence énergétique. La compétence des enseignants-chercheurs pourra être renforcée par le biais de projets financés par l’ANR. • Mettre en place des filières techniques d’urbanisation de datacenters. Ces filières sont à l’intersection de certaines disciplines fondamentales et pourront, le cas échéant, être aussi considérées comme des filières de reclassement dans un plan national de soutien à l’emploi. • Soutenir les innovations autour des datacenters, notamment dans les domaines des solutions d’automatismes intégrés. Il s’agit ici d’encourager des programmes de recherche transversaux à ces différents domaines, dans le cadre de programmes ANR, par exemple, pour aider à réconcilier l’informatique avec son environnement. • Encourager la prise en compte des aspects recyclages des bâtiments et des infrastructures au terme de leurs vies. • Renforcer l’influence Française dans les instances internationales de normalisation et faire évoluer la réglementation Française pour prendre en compte les nouvelles évolutions de l’Internet des Objets et du « Cloud Computing ». Plus que d’une remise en cause, il s’agit ici de capitaliser sur les spécificités qui font de notre réglementation une des plus riches et de celles qui donnent les meilleures garanties de transparence et d’éthique aux opérateurs et aux consommateurs. * Source Rapport DETIC
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6. Conclusion : mettre le grand emprunt national au service du déploiement de Clouds Communautaires Locaux sur les territoires
Au regard du contexte et des enjeux rappelés supra, la Commission « Infrastructures » de l’ADEN recommande donc aujourd’hui au Commissariat aux Investissements du Grand Emprunt National d’orienter une partie des 1,75 Mds d’euros qui seront consacrés au développement des usages et des contenus innovants vers le développement de Clouds Communautaires Locaux. Ces investissements, dont la forme (avances remboursables, subventions…) et le conventionnement restent à définir, pourraient, dans un premier temps, porter sur des expérimentations régionales menées sous forme de partenariats publics-privés dans le cadre de la consultation publique qui sera lancée en mai ou juin 2010. Ces subventions et/ou avances remboursables permettraient ainsi de venir en soutien des investissements nécessaires à la fois à la réalisation de schémas directeurs de services numériques territoriaux (études de l’existant et des besoins auprès de tous les acteurs concernés sur le territoire – collectivités, établissements publics, entreprises, particuliers) et à l’adaptation et/ou construction de centrales numériques locales éco-responsables.
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{META_TITLE_CACHE}Propositions pour le déploiement de Clouds Communautaires Locaux en France - {/META_TITLE_CACHE}{META_DESCRIPTION_CACHE} Document sans nom Sommaire Edito : Le ''Cloud Computing'', un enjeu stratégique pour la France et ses territoires Résumé 1- Quel modèle de “Cloud Computing” pour la France ? 2- Notre vision : déployer des “Clouds Communautaires locaux” en France au service de l'attractivité et de la compétitivité des territoires 3- Notre ambition : permettre à la France et à ses Territoires de répondre aux grands défis des vingt prochaines années 4- Comment déployer des Clouds Communautaires Locaux sur les Territoires ? 5- Inscrire cette stratégie territoriale dans une politique globale en faveur du développement du “Cloud Computing” en France 6- Conclusion : mettre le grand emprunt national au service du déploiement de Clouds Communautaires Locaux sur les territoires EDITO ⇒ Le “Cloud Computing”, un enjeu stratégique pour la France et ses Territoires Plus qu’un concept à la mode ou qu’une nouvelle tendance « techno », le « Cloud Computing » constitue une véritable rupture technologique et industrielle dans la chaine de valeur du numérique. Après le mainframe dans les années 70, le client-serveur dans les années 80 et l’Internet dans les années 90, le « Cloud Computing » peut être considéré aujourd’hui comme la quatrième révolution du monde informatique. Fondé sur l’externalisation et la mutualisation des infrastructures et des applications et sur l’accès à la demande et en libre service aux ressources matérielles et logicielles, le « Cloud Computing » représente en fait la forme la plus aboutie d’une informatique délivrée de toutes formes de contraintes et de complexité. Ainsi, pour les utilisateurs, l'intérêt du « Cloud Computing » est évident. Au lieu d'acheter cher des serveurs et des logiciels, qui ne sont pas utilisés à 100 %, les entreprises, les administrations, les établissements publicsou les citoyens les louent et ne paient que pour l'usage qu'ils en font. Ils peuvent aussi, en quelques minutes, accéder à des capacités de stockage et de calcul supplémentaires, auxquelles ils n'auraient jamais pu prétendre si ils avaient dû se les payer seuls. “... Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine... ” François Fillon (Mars 2010) Mais comme toute révolution, l’avènement du « Cloud Computing » soulève également des enjeux stratégiques et économiques considérables pour les nations et leurs Territoires : • Stratégiques, car de la maîtrise des nouvelles infrastructures de « Cloud Computing » dépendra leur indépendance technologique et industrielle ; • Économiques, en raison du changement complet de modèle industriel : si jusqu'à présent, c'est la vente - de logiciels et de matériel - qui prévalait, désormais, c'est la vente de services qui s'impose remettant par la même en cause les positions concurrentielles dans toute la chaine de valeur du secteur de l’informatique. C’est donc bien la sauvegarde et/ou la création de dizaines de milliers d’emplois sur nos Territoires qui est en jeu. Comme le rappelait récemment le Premier ministre François Fillon, « Ce marché constitue un enjeu majeur pour la compétitivité de nos économies (…). Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine ». Un constat que nous partageons avec force à l’ADEN et qui rend donc légitime une intervention du grand emprunt national dans ce domaine, à condition toutefois de tracer une autre route fondée sur une vision stratégique au service du développement économique de nos territoires : les Clouds Communautaires Locaux. Olivier MIDIÈRE Président de l’ADEN Jean-Pierre BRULARD Président de la Commission Infrastructures de l’ADEN Vice-Président Europe du Sud de VMware top RESUME Parmi les secteurs prioritaires ciblés par le Grand Emprunt National, le développement de la société numérique apparaît en bonne place avec une enveloppe de 4,5 milliards d’euros dont plusieurs centaines de millions d’euros consacrés au développement du Cloud Computing. Le Cloud Computing (ou « informatique dans les nuages » en traduction littérale) est un nouveau modèle technologique et industriel permettant de délivrer de façon plus efficace les services informatiques aux utilisateurs en leur donnant accès à distance, souvent via un simple navigateur web, à des applications et à des capacités de traitement et de stockage mutualisés. Il existe quatre modèles de Cloud Computing : • Cloud Privé : ?L’infrastructure est exploitée par une seule organisation. Elle peut être gérée par l’organisation ou par un tiers. • Cloud Communautaire : ?L’infrastructure est partagée entre plusieurs organisations supportant une communauté précise et ayant des préoccupations communes. Elle peut être gérée par les organisations ou par un tiers. • Cloud Public : ?L’infrastructure est mise à la disposition du grand public ou d’un grand groupe d’entreprises et appartient à un fournisseur de services informatiques dans les nuages. • Cloud hybride : ?L’infrastructure est composée de deux ou plusieurs nuages (public, communautaire ou privé). Ces nuages demeurent des entités indépendantes. Ils sont toutefois liés par l’entremise de technologies standards ou propriétaires afin de permettre la portabilité des données et des applications entre les nuages. ⇒ Quel modèle de “Cloud Computing” pour la France ? Sous l’influence des grands fournisseurs Nord Américains et Britanniques (Google, Microsoft, Amazon…), les modèles industriels et commerciaux du Cloud sont en train de se déployer très rapidement autour des Clouds privés, publics & hybrides. Très clairement, ces trois modèles, qui procèdent d’une logique marchande classique, n’ont pas vocation à recevoir d’argent public. Comme le rappelait récemment le Premier ministre François Fillon, « les Nord-Américains dominent ce marché, qui constitue pourtant un enjeu absolument majeur pour la compétitivité de nos économies (…). Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine ». L’objectif de ces Propositions est donc de tracer une autre route fondée sur une vision stratégique au service du développement économique de nos territoires : les Clouds Communautaires locaux. ⇒ Déployer des “Clouds Communautaires Locaux” au service des Territoires Cette vision s’inscrit dans la lignée du rapport DETIC remis au gouvernement en septembre 2009 et porte sur la nécessité de favoriser la création sur nos territoires, sous l’impulsion des pouvoirs publics locaux (conseils régionaux, conseils généraux, communautés d’agglomérations, mairies,…) et dans le cadre de Partenariats Publics Privés, de Cloud Communautaires Locaux s'appuyant sur des centrales numériques éco-responsables (Datacenters) et des plates formes de services et d'infrastrutures numériques mutualisés à destination des entreprises, des administrations, des établissements publics régionaux et des citoyens. L’objectif étant bien à terme d’interconnecter l’ensemble de ces Cloud Communautaires locaux entre eux au niveau national par l’entremise de technologies standards ou propriétaires de façon à tirer profit des avantages du « Cloud Computing » en termes de mutualisation des applications et des capacités de traitement et de calcul entre chaque Cloud Communautaire Local. ⇒ Permettre à la France de répondre aux six grands défis des vingt prochaines années Le déploiement de Clouds Communautaires Locaux permettrait ainsi à la France et à ses territoires de répondre aux six grands défis économiques, sociétaux et environnementaux des vingt prochaines années : • Défis de la souveraineté nationale ; • Défis de la sauvegarde et de la création d’emplois sur nos territoires ; • Défis du développement des marchés clés du futur ; • Défis du développement économique et de l’aménagement du territoire ; • Défis du développement durable ; • Défis du développement technologiquel et de l’innovation. ⇒ Un déploiement autour de trois axes Le déploiement opérationnel de Clouds Communautaires locaux sur les territoires sera nécessairement le fruit d’une mise en trajectoire globale sur trois axes : • La mise en œuvre volontariste, dans le cadre d’une approche à la fois évolutionnaire et incrémentale, d’un premier socle de base constitué par des centrales numériques locales (datacenters) éco-responsables à l’état de l’art technologique (virtualisation, sécurité, standardisation…) et énergétique (éco-conception, éco-exploitation et éco-transformation) de sorte à donner une existence concrète à un projet par essence mutualisé. • L’agrégation autour de ce premier socle de base de plates-formes mutualisées de services et d'infrastructures numériques à destination des administrations, des établissements publics, des entreprises et des citoyens pour favoriser le développement de l’économie numérique sur le territoire dans tous les types d’activité : e-commerce, e-éducation, e-santé, e-judiciaire, e-administration… • La capacité des pouvoirs publics à créer les conditions juridiques, réglementaires et financières nécessaires au montage et à l’ingénierie de ce type de projet. ⇒ Inscrire ce déploiement dans une politique globale en faveur du “Cloud Computing” Par ailleurs, une telle stratégie de déploiement territorial de Clouds Communautaires Locaux devra nécessairement s’inscrire dans une politique plus globale d’investissements en faveur du développement du « Cloud Computing » en France : • Mettre en place un observatoire de recherche stratégique sur les impacts du « Cloud Computing » et lancer des travaux de recherche sur les innovations autour du « Cloud Computing » pour favoriser leur développement en France. • Soutenir l’industrie française dans le développement des logiciels massivement multi-cœurs et adaptés à la nouvelle dynamique de puissance des nouvelles technologies. • Renforcer l’enseignement des technologies de génie logiciel pour les adapter aux nouvelles technologies d’infrastructure à contrainte de ressources et à intelligence énergétique. • Mettre en place des filières techniques d’urbanisation de datacenters et soutenir les innovations autour des datacenters, notamment dans les domaines des solutions d'automatismes intégrés. • Soutenir les innovations autour des datacenters, notamment dans les domaines des solutions d’automatismes intégrés. • Encourager la prise en compte des aspects recyclages des bâtiments et des infrastructures au terme de leurs vies. • Renforcer l’influence Française dans les instances internationales de normalisation et faire évoluer la réglementation Française. top 1. Quel modèle de « Cloud Computing » pour la France ? Le Président de la république a présenté il y a quelques semaines les investissements prioritaires qui seront réalisés dans le cadre du Grand Emprunt National qui sera lancé dans le courant de l’année 2010. Parmi les secteurs prioritaires ciblés, le développement de la société numérique apparaît en bonne place avec une enveloppe de 4,5 milliards d’euros qui se répartira comme suit : • Accélérer le passage de la France au très haut débit : 2,0 Md€ • Numériser le patrimoine culturel français : 750 M€ • Développer les usages et contenus numériques innovants : 1,75 Md€, dont plusieurs centaines de millions d’euros consacrés au développement du Cloud Computing. L’urgence pour la France de trouver de nouveaux relais de croissance et d’investir dans des technologies de rupture, singulièrement dans le secteur numérique, rend en effet légitime une intervention de l’emprunt national dans ce domaine. En ce qui concerne le développement des usages et contenus numériques innovants, le gouvernement propose notamment de financer des projets partenariaux publics-privés de recherche et de démonstration visant la conception de logiciels, d’usages et de contenus numériques innovants dans tous les domaines, en premier lieu dans les réseaux intelligents (électriques et de transport), mais aussi dans le télétravail, la télémédecine, l’e-santé, l’e-administration, l’e-éducation, l’e-justice, la numérisation des contenus culturels… au besoin en s’appuyant sur le développement d’infrastructures partagées (cloud computing, super-calculateurs…). Un fonds dédié à cet objectif, distinct du fonds sur les infrastructures très haut débit, pourrait être créé au sein d’une nouvelle agence pour le numérique. Le Cloud Computing (ou « informatique dans les nuages » en traduction littérale) est un nouveau modèle technologique et industriel permettant de délivrer de façon plus efficace les services informatiques aux utilisateurs en leur donnant accès à distance, souvent via un simple navigateur web, à des applications et à des capacités de traitement et de stockage mutualisés. Avec ce nouveau modèle, les utilisateurs peuvent ainsi accéder à la demande à de nombreux services en ligne sans avoir à gérer l’infrastructure sous-jacente, souvent complexe. Les applications et les données ne se trouvent plus sur l’ordinateur local, mais dans un « nuage » (Cloud en anglais) composé d’un certain nombre de serveurs distants interconnectés au moyen d’une excellente bande passante, c’est-à-dire de réseaux très haut débit. Selon le NIST (National Institute of Standards and Technology), ce modèle comporte cinq caractéristiques essentielles : • Libre-service à la demande : L’usager peut réserver ou libérer unilatéralement les ressources en fonction de ses besoins sans nécessiter d’interaction humaine avec le fournisseur. • Vaste accès au réseau : Les ressources sont accessibles via un réseau, par l’entremise de mécanismes standards et à partir de plateformes clients diverses. • Mise en commun des ressources : Les ressources du fournisseur peuvent se trouver dans différents centres de données répartis à travers le monde. Elles sont mises en commun pour servir l’ensemble des usagers. Ceux-ci n’ont généralement pas connaissance de l’emplacement géographique exact des ressources qu’ils utilisent. • Élasticité rapide : Les ressources peuvent être réservées rapidement pour répondre aux besoins croissants de l’utilisateur et être libérées tout aussi rapidement lorsque ses besoins s’amoindrissent. • Utilisation mesurable et facturation à l’usage : L’utilisation des ressources peut être surveillée, contrôlée et rapportée. L’usager est facturé en fonction de l’utilisation des ressources. Le NIST identifie trois modèles de services informatiques dans les nuages : • Logiciel-service (Software as a Service - SaaS) : L’usager utilise les applications du fournisseur qui les héberge dans son nuage informatique. Les applications sont accessibles à partir de n’importe quel terminal client via un navigateur Web. L’utilisateur ne gère ou contrôle aucune des ressources informatiques nécessaires (réseau, serveurs, système d’exploitation, stockage) à l’exception de certains paramétrages spécifiques. • Plateforme-service (Platform as a Service - PaaS) : L’usager développe ses propres applications en utilisant les langages de programmation et les outils disponibles sur le nuage informatique de son fournisseur qui héberge les applications développées. L’utilisateur ne gère ou contrôle aucune des ressources informatiques nécessaires (réseau, serveurs, système d’exploitation, stockage) mais peut en revanche contrôler le déploiement des applications et les configurations d’hébergement. • Infrastructure-service (Infrastructure as a Service - IaaS) : L’usager gère et utilise des systèmes virtuels hébergés dans le nuage informatique du fournisseur. Il peut s’agir ici d’un simple serveur virtuel ou d’une infrastructure virtuelle complexe, incluant des serveurs, des segments réseau, des pare-feux, des systèmes d’exploitation, des applications, etc. L’utilisateur ne contrôle par l’infrastructure mise à sa disposition par le fournisseur mais peu en revanche gérer en partie les systèmes d’exploitation, le stockage, le déploiement d’applications et certains éléments du réseau. Enfin, toujours selon le NIST, une infrastructure informatique dans les nuages peut être déployée selon quatre modèles : • Nuage Privé (Private cloud) : L’infrastructure est exploitée par une seule organisation. Elle peut être gérée par l’organisation ou par un tiers. • Nuage Communautaire (Community cloud) : L’infrastructure est partagée entre plusieurs organisations supportant une communauté précise et ayant des préoccupations communes. Elle peut être gérée par les organisations ou par un parti tiers. • Nuage Public (Public cloud) : L’infrastructure est mise à la disposition du grand public ou d’un grand groupe d’entreprises et appartient à un fournisseur de services informatiques dans les nuages. • Nuage hybride (Hybrid cloud) : L’infrastructure est composée de deux ou plusieurs nuages (public, communautaire ou privé). Ces nuages demeurent des entités indépendantes. Ils sont toutefois liés par l’entremise de technologies standards ou propriétaires afin de permettre la portabilité des données et des applications entre les nuages. Sous l’influence des grands fournisseurs Nord Américains et Britanniques (Google, Microsoft, Amazon…), les modèles industriels et commerciaux du Cloud sont en train de se déployer très rapidement autour des Clouds privés, publics & hybrides articulés autour de quelques grandes « centrales numériques » (ou datacenters) et acteurs mondiaux. Très clairement, ces trois modèles, qui procèdent d’une logique marchande classique, n’ont pas vocation à recevoir d’argent public. Comme le rappelait récemment le Premier ministre François Fillon, « les Nord-Américains dominent ce marché, qui constitue pourtant un enjeu absolument majeur pour la compétitivité de nos économies (…). Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine ». L’objectif de ces Propositions est donc de tracer une autre route fondée sur une vision stratégique au service du développement économique de nos territoires : « les Clouds Communautaires Locaux » top 2. Notre vision : déployer des « Cloud Communautaires locaux » en France au service de l’attractivité et de la compétitivité des Territoires ⇒ Qu’est-ce qu’un Cloud Communautaire Local ? Cette vision s’inscrit dans la lignée du rapport DETIC remis au gouvernement en septembre 2009 et porte sur la nécessité de favoriser le déploiement sur nos territoires, sous l’impulsion des pouvoirs publics (conseils régionaux, conseils généraux, communautés d’agglomérations, mairies,…) et dans le cadre de Partenariats Publics Privés, de Cloud Communautaires Locaux s’appuyant sur des centrales numériques éco-responsables (Datacenters) et des plates formes de services et d’infrastructures numériques mutualisés à destination des entreprises, des administrations, des établissements publics régionaux et des citoyens. L’objectif étant bien à terme d’interconnecter l’ensemble de ces Cloud Communautaires Locaux entre eux au niveau national par l’entremise de technologies standards ou propriétaires de façon à tirer profit des avantages du « Cloud Computing » en termes de mutualisation des applications et des capacités de traitement et de calcul entre chaque Cloud Communautaire Local. ⇒ Les enjeux en présence L’accroissement du recours à l’externalisation représente une tendance lourde du marché, aussi bien pour le monde professionnel que pour les particuliers. Dans ce contexte, le concept de Clouds Communautaires Locaux fait l’objet d’un intérêt accru de la part des acteurs, qu’ils soient privés ou publics, professionnels ou particuliers. En effet, les Clouds Communautaires Locaux permettraient de s’affranchir des contraintes d’une informatique internalisée (gestion des ressources ad’hoc, nécessité de veille permanente pour suivre l’état de l’art…) tout en offrant davantage de souplesse et de réactivité, et la réalisation d’économies grâce à la mutualisation des moyens. Les enjeux de ces Clouds Communautaires Locaux sont pour les collectivités locales, les administrations et les entreprises : • La mise en place d’effet de synergies entre acteur permettant d’atteindre une taille critique. • Le déploiement industriel de services de qualité, et à coût réduit grâce aux effets de mutualisation. • L’émergence de nouveaux modèles de coopération entre acteurs. • Le respect de l’organisation de chaque acteur (non-intrusivité). • Un effet de levier sur l’offre comme sur la demande. Différentes études menées au niveau national (DIACT, Caisse des Dépôts et Consignation, Associations des Régions de France…) ont mise en évidence que la compétitivité et l’attractivité des territoires sont désormais conditionnées par la capacité de ces territoires à favoriser l’émergence de plates-formes matérielles et logicielles mutualisées et sectorielles (administration, santé, éducation, justice, industrie, services…). D’ailleurs, plusieurs régions et agglomérations sont engagées, parallèlement au déploiement d’infrastructures Très Haut Débit, dans le financement de telles plates-formes avec l’objectif d’apporter un complément décisif sur le plan concurrentiel. On peut notamment citer l'initiative ITerritories qui regroupe aujourd'hui six Territoires français (Dunkerque, Lyon, Osartis, la Seine et Marne, l'Yonne et Caen) qui s'engagent à soutenir et accompagner les projets d'implantation de Centrales Numériques Eco-Responsables (data centers). ⇒ Les « Clouds Communautaires Locaux » : une stratégie alternative en matière de Cloud Computing pour la France 3 MAILLAGE NATIONAL Interconnexion de l’ensemble des Clouds Communautaires Locaux entre eux au niveau national par l’entremise de technologies standards ou propriétaires de façon à tirer profit des avantages du « Cloud Computing » en termes de mutualisation des applications et des capacités de traitement et de calcul entre chaque Cloud Communautaire Local 2 AGREGATION DE SERVICES A VALEUR AJOUTEE Plates-formes mutualisées de services et d’infrastructures numériques Infrastructures mutualisées Services mutualisés Principe :Mutualiser une infrastructure de services mixtes (IaaS et Paas) publique et privée à la demande à partir de laquelle peuvent s’agréger des offres externalisées à forte valeur ajoutée : hébergement, sauvegarde et stockage de données, sécurité, téléphonie, développement logiciel… Principe : Proposer à des tiers professionnels ou particuliers des services mutualisés à la demande (SaaS) permettant d’exercer une activité commerciale ou privée en ligne : jeux, musique, logiciels et progiciels métiers, messagerie, télétravail, archivage, secrétariat virtuel,… Cibles : • Les collectivités territoriales, les établissements publics et les administrations ; • Les grandes entreprises, les TPE, les PME, les associations, les artisans et commerçants ; • Les universités, les pôles de compétitivité, les centres et les laboratoires de recherche ; • Les Editeurs, les SSII, les ISP, les développeurs et les start-up technologiques ; • Le grand public 1 SOCLE DE BASE Centrales Numériques Locales éco-responsables (Datacenters) à l’état de l’art technologique (virtualisation, sécurité, standardisation…) et énergétique (éco-conception, éco-exploitation et éco-transformation) top 3. Notre ambition : permettre à la France et à ses Territoires de répondre aux grands défis des vingt prochaines années Déployer des Clouds Communautaires Locaux, c’est répondre aux grands défis économiques, sociétaux et environnementaux que la France et ses Territoires devront relever dans les vingt prochaines années. 1. Défis de la souveraineté nationale : • Assurer à la France, dans le cadre du développement du Cloud Computing par de grands acteurs américains et asiatiques, la capacité de maîtriser et de conserver sur son territoire national les savoir-faire et les compétences technologiques stratégiques ainsi que les données privées et industrielles sensibles qui transitent sur ses réseaux. 2. Défis de la sauvegarde et de la création d’emplois sur nos territoires : • Renforcer la sauvegarde et la création d’emplois directs et indirects sur nos territoires en permettant le développement d’une offre d’externalisation d’infrastructures IT de proximité évitant les délocalisations vers les marchés étrangers, en sollicitant les fournisseurs et ISP locaux pour la construction et la gestion des centrales numériques, en facilitant le télétravail et en favorisant l’émergence de nouvelles activités dans le commerce, le service et l’industrie locale grâce aux nouvelles infrastructures IT fournies aux acteurs publics et privés territoriaux. Il convient aussi de noter que le caractère capitalistique et la durée du retour du investissement font des centrales numériques un secteur défensif difficilement sujet aux mouvements de délocalisation. 3. Défis du développement des marchés clés du futur : • Favoriser l'émergence d'une économie dématérialisée territoriale performante, indépendante et sécurisée dans la santé, l'éducation, la justice, l'administration... grâce à la maîtrise, à la protection et à la conservation dans un environnement local des données privées et confidentielles qui transitent sur les réseaux. 4. Défis du développement économique et de l’aménagement du territoire : • Renforcement de la compétitivité des TPE, PME-PMI et ETI régionales évoluant dans les secteurs d’activité traditionnels et dans les secteurs à haute valeur ajoutée technologique par un meilleur accès et une meilleure utilisation des nouvelles technologies grâce à l'externalisation de leurs infrastructures IT (IaaS) et au déploiement de plates-formes collaboratives en mode SaaS. • Renforcement de l'attractivité des territoires grâce au développement du marché français des centrales numériques pour conserver et attirer les entreprises et les investisseurs français et internationaux qui souhaiteront s'implanter (filiales et sièges sociaux Europe) dans des pays et des régions dotées d'infrastructures IT de proximité éco-responsables, sécurisées et compétitives. • Faire face à la crise des finances publiques actuelles par l’adoption d'un modèle de ''Datacenters as a service'' ou centres de services partagés, générateur d'économies d'échelles, de rationalisation et de mutualisation pour l'Etat et les collectivités locales. • Levier de développement sur chaque territoire pour les entreprises de BTP, les bureaux d’études, les fabricants et installateurs d’équipements électriques, d’onduleurs, de climatisation, de racks, de câblages, de serveurs, de réseaux et télécoms, les fournisseurs d’énergie, les opérateurs de télécommunications, les sociétés de maintenance… 5. Défis du développement durable : • Haute performance énergétique des nouvelles centrales numériques assurant la mise en conformité des infrastructures IT territoriales avec la réglementation européenne grâce à une utilisation optimale des ''green tech''. Il faut en effet noter qu’entre 2000 et 2006, la consommation électrique des centrales numériques a doublé dans le monde. • Réduction de l'empreinte carbone des agents économiques par une accélération de la dématérialisation des échanges et des flux entre tous les acteurs (citoyens, entreprises, établissement publics…) sur les territoires dans un contexte éco-responsable. 6. Défis du développement technologique et de l’innovation : • Remédier à l'obsolescence du parc de datacenters français actuel (problèmes d’alimentation électrique et de climatisation sur 40% datacenters existants) et à son manque de capacité au regard de la demande exponentielle à venir compte tenu de l'explosion des usages et de la généralisation de l'économie numérique dans tous les aspects de notre vie individuelle et collective, personnelle et professionnelle (les surfaces de datacenters devraient doubler dans les 5 prochaines années). • Adapter et standardiser nos datacenters actuels aux nouvelles technologies qui s’imposent avec la généralisation du Cloud Computing et de la virtualisation. En effet, les datacenters actuels ne sont utilisés qu’à 56% de leur potentiel. Les solutions technologiques se trouvent bien dans la consolidation et la virtualisation pour les infrastructures déjà en service. • Favoriser et soutenir le développement dans chaque région d'un tissu dynamique de start-up innovantes dans le secteur des logiciels, du service, de l’électronique, de l’informatique, des réseaux et des télécoms autour de la mise en œuvre du Cloud Computing. • Favoriser le développement d'écosystèmes d'innovation territoriaux impliquant Universités, centres de recherche publics et privés et entreprises et renforcer la dynamique des pôles de compétitivité déjà initiée en mettant à leur disposition des infrastructures IT performantes. top 4. Comment déployer des Clouds Communautaires Locaux sur les Territoires ? Le déploiement opérationnel de Clouds Communautaires Locaux sur les territoires sera nécessairement le fruit d’une mise en trajectoire globale sur trois axes : 1. La mise en œuvre volontariste d’un premier socle de base constitué par des centrales numériques locales (datacenters) éco-responsables à l’état de l’art technologique (virtualisation, sécurité, standardisation…) et énergétique (éco-conception, éco-exploitation et éco-transformation) de sorte à donner une existence concrète à un projet par essence mutualisé. • Les centrales numériques (datacenters) sont à l’économie numérique ce que sont les plateformes logistiques aux bien matériels, elles visent à organiser le stockage de données, l’hébergement d’applications, la gestion des flux… Dans cet esprit, les infrastructures télécom (réseaux très haut débit) sont le support de circulation des données comme le sont les infrastructures de dessertes (route, rail, air, mer) pour les bien traditionnels. • Une centrale numérique peut désigner une simple salle informatique de 100 M2 ou bien un bâtiment de plusieurs milliers de mètres carrés totalement dédiés au traitement de données. • Les centrales numériques sont fortement capitalistiques et donc attrayantes du point de vue des ressources locales, notamment concernant le potentiel de contributions en recettes fiscales à travers la taxe professionnelle. • Au-delà de la phase d’élaboration et de construction qui nécessite l’implication de nombreux professionnels, une centrale numérique permet d’associer localement, et dans la durée, les prestataires de services locaux (infogérance, distribution, maintenance, télécoms…). « Dans un contexte de rationalisation et de rigueur budgétaire, la mise en oeuvre des centrales numériques locales éco-responsables s’inscrit en priorité dans une démarche évolutionnaire et incrémentale vis-à-vis des investissements significatifs déjà réalisés par les secteurs publics et para-publics locaux ». ⇒ Une démarche évolutionnaire et incrémentable Les acteurs publics et para-publics locaux n’ont en effet pas attendu l’avènement du Cloud Computing et la mise en place du grand emprunt pour réduire la fracture numérique de leurs territoires. Il est important de rappeler que plus de 40 % des investissements en TIC réalisés sur les territoires sont réalisés par les secteurs publics et para-publics : collectivités territoriales et leurs établissements publics, les administrations, les universités, les pôles de compétitivité… Ces investissements sur les Centrales Numériques Locales éco-responsables s’inscrivent dans une logique financière de complément des infrastructures existantes et d’ouverture vers les services extérieurs. Par conséquent, les deux piliers de cette démarche sont d’une part, une approche évolutionnaire sur les équipements existants et d’autre part, des investissements incrémentaux au regard de ceux déjà réalisés. Cette approche repose sur trois principes : • Définition de la surface, de la capacité calorifique, de la localisation et capillarité idéale de ces Centrales Numériques Locales éco-responsables au regard des ressources énergétiques et de la bande passante nécessaires à leur fonctionnement, mais également des besoins identifiés sur les Territoires. • Recensement sur les Territoires ciblés des infrastructures d’hébergement existantes, des capacités à la fois de stockage, de traitement et de calcul disponibles et de leur consommation énergétique afin d’évaluer les possibilités de standardisation ces infrastructures. • Réalisation d’investissements incrémentaux pour virtualiser, mutualiser et mettre aux normes énergétiques les infrastructures existantes lorsque cela est possible. Ce principe de rationalisation (restructuration de sites) se déroulera selon les professionnels sur un cycle relativement court (3 à 5 ans) puis le marché sera ensuite principalement porté par le renouvellement selon des cycles nettement plus longs proches de l’immobilier (12 à 15 ans). • Réalisation d’investissements complémentaires pour la construction de Centrales Numériques Locales éco-responsables lorsque cela est nécessaire. • Maillage et interconnexion de ces Centrales Numériques Locales au niveau national grâce à une approche fondée sur le « Cloud Computing » tout en garantissant l'étanchéité du système (problématique du stockage des données, de leur protection, de leur sécurité, de leur confidentialité et de leur pérennité dans un contexte de proximité). 2. L’agrégation autour de ce premier socle de base de plates-formes mutualisées de services et d'infrastrutures numériques à destination des administrations, des établissements publics, des entreprises et des citoyens pour favoriser le développement de l’économie numérique sur le territoire dans tous les types d’activité : e-commerce, e-éducation, e-santé, e-judiciaire, e-administration… Cette agrégation nécessite la réalisation de Schémas Directeurs de Services Numériques définissant : • Les cibles visées par les plates-formes mutualisées de services et d'infrastructures numériques et la nature de l’offre proposée à chacune de ces cibles. • Les moyens humains et techniques à mettre en œuvre pour délivrer ces offres de services mutualisées. • Les modèles économiques permettant à ces plates-formes d’être financièrement viables, notamment au niveau de la commercialisation, de l‘accompagnement (formation, paramétrage, évolution…) et de la facturation des offres de service proposées aux différentes cibles. • Les dispositifs de sensibilisation et d’accompagnement à mettre en œuvre auprès de l’ensemble des acteurs régionaux (établissements publics, administration, collectivités locales, entreprises, revendeurs informatiques, SSII, développeurs, TPE-PME, grand public…). 3. La définition et la mise en œuvre par les pouvoirs publics des facteurs clés de succès qui favoriseront le déploiement de Centrales Numériques Locales éco-reponsables et de Plates-formes mutualisées de services et d'infrastrutures numériques. La mise en œuvre d’une telle stratégie de déploiements de Clouds Communautaires Locaux reposera enfin sur la capacité des pouvoirs publics à créer les conditions juridiques, réglementaires et financières nécessaires au montage et à l’ingénierie de ce type de projet : • Nature du cadre réglementaire et normatif à adopter au niveau de la conception et de l’exploitation de Centrales Numériques Locales éco-responsables. • Type d’ingénierie juridique à adopter pour les collectivités locales et leurs partenaires privés autour des investissements et de l’exploitation des Centrales Numériques Locales et des plates-formes mutualisées de services et d'infrastrutures numériques : Partenariats Publics-Privés, Délégation de service publics, Sociétés d’Economie Mixte... et choix du montage économique et financier : simple, avec un investisseur/exploitant, plusieurs locataires ou plus complexe, avec un investisseur (privé ou public) – un exploitant franchisé – plusieurs colocataires (publics et privés). Si le premier montage est simple à mettre en œuvre dès lors qu’il y a un investisseur/exploitant, le second montage réclame une politique publique pour être généralisé. • Soutien (subventions, investissements en capital, avances remboursables…) apporté par l’Etat dans le cadre du Grand Emprunt National. top 5. Inscrire cette stratégie territoriale dans une politique d’investissement globale en faveur du développement du « Cloud Computing » en France Une telle stratégie de déploiement territorial devra nécessairement s’inscrire dans une politique plus globale en faveur du développement du « Cloud Computing » en France articulée autour de sept axes principaux* : • Mettre en place un observatoire de recherche stratégique sur les impacts du « Cloud Computing » et lancer des travaux de recherche sur les innovations autour du « Cloud Computing » pour favoriser leur développement en France. Ces activités pourraient être prises en charge par les Pôles de compétitivité, fédérant l’action des industriels, des centres de recherche académiques et de l’INRIA. Certains projets de cette nature ont déjà été lancés, et cette action devra se renforcer au service d’une stratégie globale. • Soutenir l’industrie française dans le développement des logiciels massivement multi-cœurs et adaptés à la nouvelle dynamique de puissance des nouvelles technologies. • Renforcer l’enseignement des technologies de génie logiciel pour les adapter aux nouvelles technologies d’infrastructure à contrainte de ressources et à intelligence énergétique. La compétence des enseignants-chercheurs pourra être renforcée par le biais de projets financés par l’ANR. • Mettre en place des filières techniques d’urbanisation de datacenters. Ces filières sont à l’intersection de certaines disciplines fondamentales et pourront, le cas échéant, être aussi considérées comme des filières de reclassement dans un plan national de soutien à l’emploi. • Soutenir les innovations autour des datacenters, notamment dans les domaines des solutions d’automatismes intégrés. Il s’agit ici d’encourager des programmes de recherche transversaux à ces différents domaines, dans le cadre de programmes ANR, par exemple, pour aider à réconcilier l’informatique avec son environnement. • Encourager la prise en compte des aspects recyclages des bâtiments et des infrastructures au terme de leurs vies. • Renforcer l’influence Française dans les instances internationales de normalisation et faire évoluer la réglementation Française pour prendre en compte les nouvelles évolutions de l’Internet des Objets et du « Cloud Computing ». Plus que d’une remise en cause, il s’agit ici de capitaliser sur les spécificités qui font de notre réglementation une des plus riches et de celles qui donnent les meilleures garanties de transparence et d’éthique aux opérateurs et aux consommateurs. * Source Rapport DETICtop 6. Conclusion : mettre le grand emprunt national au service du déploiement de Clouds Communautaires Locaux sur les territoires Au regard du contexte et des enjeux rappelés supra, la Commission « Infrastructures » de l’ADEN recommande donc aujourd’hui au Commissariat aux Investissements du Grand Emprunt National d’orienter une partie des 1,75 Mds d’euros qui seront consacrés au développement des usages et des contenus innovants vers le développement de Clouds Communautaires Locaux. Ces investissements, dont la forme (avances remboursables, subventions…) et le conventionnement restent à définir, pourraient, dans un premier temps, porter sur des expérimentations régionales menées sous forme de partenariats publics-privés dans le cadre de la consultation publique qui sera lancée en mai ou juin 2010. Ces subventions et/ou avances remboursables permettraient ainsi de venir en soutien des investissements nécessaires à la fois à la réalisation de schémas directeurs de services numériques territoriaux (études de l’existant et des besoins auprès de tous les acteurs concernés sur le territoire – collectivités, établissements publics, entreprises, particuliers) et à l’adaptation et/ou construction de centrales numériques locales éco-responsables. top{/META_DESCRIPTION_CACHE}{META_KEYWORD_CACHE}{/META_KEYWORD_CACHE} |
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